Le paradoxe du menteur

Publié le par c.l!ne

v 2707314501Pierre Bayard, Minuit, 1993, 184 pages

 

Sujet :

Pierre Bayard écrit là un essai sur Les Liaisons Dangereuses en choisissant un axe inédit : le paradoxe. Il postule, plus précisément, que ce chef-d'oeuvre de la littérature (libertine ou morale?) est entièrement fondé sur ce qu'on nomme le "paradoxe du menteur" : un menteur dit "Je mens". Cette proposition étant un cas d'"auto-référence", il est impossible de ddécouvrir la vérité. Ainsi, selon Pierre Payard, le charme de cette oeuvre épistolaire résiderait dans l'indécidabilité (!) de son sens. Habitée, dirigée par des menteurs (Valmont et Merteuil) qui se mentent à eux-même, elle est aussi l'oeuvre d'un auteur qui semble n'avoir aucune parenté avec elle.

 

Mon avis :

Autant l'avouer sur le champ (vous vous en seriez rendu compte bien vite) je suis amoureuse des Liaisons Dangereuses, de ses personnages libertins, machiavéliques, complexes. C'est un de mes plus intenses coups de foudre littéraires! J'ai également vu et revu le film de Stephen Frears qui est, pour moi, un chef-d'oeuvre du cinéma, porté par un scénario incroyable, des acteurs époustouflants... Je serai donc totalement partiale en écrivant ce billet!

J'adore également les essais de Pierre Bayard, je raffole de sa manière, mêlant psychanalyse, littérature, intrigue policière. Mais, le Paradoxe du menteur est un vrai essai, pas une fiction littéraire. Plus sérieux, donc, que Comment parler des livres qu'on n'a pas lus? ou Qui a tué Roger Ackroyd? Le vocabulaire utilisé est assez spécialisé : regorgeant de concepts littéraires et psychanalytiques, ce qui demande une grande concentration. Mais l'étude est plaisante, profonde, fouillée et j'ai aimé cettte autopsie minutieuse de l'oeuvre de Laclos que 184 pages n'arrivent pas à dépouiller totalement de toutes ses illusions, de tous ses artifices, de tous ses mensonges. L'oeuvre labyrinthique de Laclos est lue comme telle.

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Pour le plaisir, une image de l'adaptation chère à mon coeur :

extrait du film Les liaisons dangereuses, Stephen Frears, 1

Publié dans miam-miam (4 macarons)

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George 07/12/2010 10:51


merci pour cette découverte ! je connais Bayard pour ces écrits sur A. Christie et son livre sur "comment parler des livres que l'on n'a pas lus" mais je ne savais pas qu'il avait aussi écrit sur
les liaisons dangereuses ! merci merci !


c.l!ne 07/12/2010 19:17



de rien, avec plaisir, au contraire. Je vois que tu aimes beaucoup Les Liaisons toi aussi??