La Couturière

Publié le par cline

la-couturiereFrances de Pontes Peebles, Flammarion, 2009

 

Titre original : The Seamstress, Harper Collins, 2008

 

ROMAN (HISTORIQUE) 

L'histoire :

Taquaritinga do Norte, Pernambouc, Brésil entre 1928 et 1935.

Dans ce village au nom aride, vivent deux adolescentes, deux orphelines, deux soeurs : Emilia et Luzia. C'est leur tante, Sofia qui les élève. Elle leur a aussi appris le métier de couturière, la précision des gestes et des mesures, la rapidité d'exécution.

Les deux soeurs sont très attachées l'une à l'autre mais très différentes. Emilia, l'aînée est docile et jolie. Elle aime l'élégance et rêve de quitter son village pour épouser un gentleman et devenir une doña. Luzia est tombée d'un arbre et s'est brisé un coude, resté depuis bloqué en position fléchie, la rendant infirme à vie. Elle est grande, intrépide et déterminée, éprise de liberté.

Une bande de hors-la-loi rôde dans les parages. Leur chef est réputé pour sa cruauté, on le surnomme d'ailleurs Le Faucon car comme ce prédateur il a une certaine prédilection pour les yeux de ses victimes qu'il leur arrache pour les donner en offrande aux saints qu'il vénère.

La vie des deux soeurs va changer le soir où Le Faucon vient emporter Luzia.

 

Mon avis :

Le Brésil, les années 30, des hors-la-loi et deux pauvres orphelines, tout cela m'aurait laissée indifférente s'il n'y avait eu cette belle couverture et surtout ce titre. La Couturière, cela m'évoquait une femme bien-sûr, que j'imaginais délicate et appliquée, solide autant que romanesque. La couture (domaine artisanal qui jusque-là m'avait semblé plutôt anodin) est, si je peux dire, le fil conducteur du roman, la métaphore principale. Une petite citation pour étayer cette idée :

"Luzia et elle [Emilia] maîtrisaient l'art de la coupe, du raccommodage et de la dissimulation"

Et comme je suis heureuse d'avoir entamé la lecture de ce pavé de huit-cents pages! Les deux héroïnes sont des personnages merveilleux, des femmes fortes et courageuses qui tentent de survivre dans un monde hostile et masculin, pour l'une les beaux quartiers de la ville de Recife, pour l'autre la "caatinga", la nature sauvage du nord du Brésil.

La narration est également habile. Chaque chapitre correspond à la vie, au point de vue de l'une des soeurs et cette alternance est maintenue jusqu'à la fin. De plus, le premier chapitre se situe en réalité vers la fin de l'histoire. C'est le second chapitre qui constitue le début de l'histoire. Au fur et à mesure de la lecture, le premier chapitre s'éclaire peu à peu, prend un sens nouveau.

En bref, un livre d'une grande richesse romanesque, servie par une construction narrative intelligente. Finalement, après quelques heures de lecture, j'ai l'impression d'avoir passé des semaines dans le Brésil des années 30, d'avoir compris ce pays et ses habitudes, ses habitants, ses habits, de les avoir aimés.

 

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Publié dans miam-miam (4 macarons)

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eimelle 29/10/2012 09:04


Je viens de le terminer, et j'ai beaucoup apprécié cette lecture!